L’« Alcatraz des alligators », la prison pour sans-papiers au cœur des Everglades
L’idée est venue du procureur général de la Floride et évoque les contes pour enfants : une prison entourée d’une fosse remplie d’alligators et de serpents affamés. Elle est devenue réalité en huit jours à peine, au beau milieu des Everglades, pour y détenir les migrants arrêtés dans la vague d’expulsions commandée par le président Donald Trump. Un peu moins de deux semaines plus tard, le président américain, Donald Trump, visitait ce qui a été baptisé l’ L’établissement a été construit sur le terrain d’un aéroport désaffecté, entouré par les marécages sauvages protégés des Everglades floridiens et rattaché au reste du pays par une seule route. En à peine huit jours, plus de 8000 mètres de barbelés ont été déroulés et de grandes tentes, des remorques et des bâtiments modulaires ont poussé sur le tarmac pour former cette prison temporaire. Jusqu'à 5000 détenus à la fois pourraient séjourner dans ces installations temporaires. Photo : Getty Images / AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS Des lits superposés entourés de clôtures de métal, 400 agents de sécurité et 200 caméras de surveillance pourraient accueillir jusqu’à 5000 détenus soupçonnés d’être entrés illégalement aux États-Unis. Tout cela dans le but de prêter main-forte à l’administration Trump dans sa volonté d’expulser des milliers de sans-papiers du pays et pour loger le flux de détenus qui en découle. Environ 56 000 migrants étaient détenus aux États-Unis en juin, selon l’Associated Press. Les marécages entourant l'ancien aéroport sont peuplés d'alligators et de serpents. Photo : Getty Images / AFP / GIORGIO VIERA Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, plusieurs centaines de détenus ont été envoyés à la prison de Guantanamo – normalement réservée aux accusés de terrorisme, notamment – ou vers une prison du Salvador. Le président a aussi indiqué qu’il voulait rouvrir l'île-prison d’Alcatraz, à San Francisco. Ce projet semble néanmoins au point mort après que des responsables ont notamment estimé que son coût serait exorbitant. Les tentes et les roulottes ont été installées sur le tarmac d'un ancien aéroport. Photo : Reuters / Marco Bello Pour la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, cette version Cette construction à la vitesse grand V a suscité l’ire de militants écologistes, autochtones et pour les droits des migrants. Les autorités affirment toutefois que les détenus auront accès à des soins médicaux, à l'air conditionné en tout temps, à une cour de récréation, ainsi qu'au soutien d'avocats. Elles assurent aussi qu’elles mettront en place une procédure d’évacuation en cas de météo extrême, ce qui est fréquent dans la région. Des manifestants écologistes, autochtones et pour les droits des immigrants ont manifesté le long de la route menant au centre de détention. Photo : Getty Images / AFP / GIORGIO VIERA L’ L’État du sud-est du pays a racheté le terrain pour 20 millions de dollars, par le biais de son Agence de la gestion des urgences, en vertu d'un décret signé en 2023 par le gouverneur républicain, Ron DeSantis, pour déclarer l’État d’urgence en raison de l’immigration illégale. La construction et l’opération de l’établissement de détention seront financées La gestion de ce centre de détention devrait coûter 450 millions de dollars par année, que déboursera l'Agence de la gestion des urgences de la Floride. Donald Trump a visité les installations avec sa secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem et le gouverneur Ron DeSantis, notamment. Photo : Associated Press / Evan Vucci Ron DeSantis a aussi proposé de désigner des membres de la Garde nationale de la Floride afin qu’ils agissent comme des juges en immigration pour se pencher sur le dossier de tous les détenus. Donald Trump a accepté sans hésitation cette proposition. J'espère que mon téléphone sonnera à toute volée et que des gouverneurs m'appelleront pour me dire : "Comment pouvons-nous faire ce que la Floride vient de faire?" D’autres établissements du genre pourraient voir le jour au pays, parce que le flux de détenus ne semble pas près de dérougir. La Maison-Blanche pousse ses agents de l’immigration à arrêter au moins 3000 personnes par jour pour mettre en œuvre les politiques du président, qui visent à expulser à terme 11 millions d’immigrants. Des agents de l'immigration doivent arrêter minimalement 3000 personnes par jour. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Kevin Mohatt Et elle souhaite que les États mettent la main à la pâte, comme le fait la Floride. En mai dernier, l’agence de l’immigration (ICE) a d’ailleurs ressuscité et élargi un programme vieux de plusieurs décennies pour augmenter sa force de frappe. Celui-ci permet de conférer des pouvoirs en immigration à des corps de police locaux et d’État. Pour y parvenir, l’agence doit signer des ententes avec les différentes autorités concernées, ce qu’elle n’a cessé de faire depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Une fois l’entente signée, les policiers des villes et des États peuvent agir comme des agents de l’ICE, en arrêtant, en interrogeant et en emprisonnant des personnes en vue d’une potentielle expulsion. En mai dernier, l’agence s’était notamment entendue avec près de 600 corps de police de tout le pays, selon l’Associated Press, et environ la moitié d’entre eux étaient en Floride. Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, CNN et Miami HeraldPas besoin d’investir beaucoup pour sécuriser le périmètre
, a indiqué le procureur général de l’État, James Uthmeier, sympathisant des politiques de M. Trump, dans une vidéo publiée le 19 juin sur ses réseaux sociaux.Si des personnes s’échappent, il n’y a pas grand-chose qui les attend à part des alligators et des pythons. Il n’y a nulle part où aller, nulle part où se cacher
, a-t-il expliqué dans sa courte vidéo dans laquelle il vendait sa salade sur des airs de rock musclé.Alcatraz des alligators
, se moquant au passage des immigrés clandestins qui oseraient tenter de s’en échapper.La seule façon d’en sortir, réellement, c’est l’expulsion
du pays, a-t-il lancé.

Plus « économique » qu'Alcatraz

alligator
d’Alcatraz serait une façon économique et innovante pour répondre à la demande du peuple américain d'expulser massivement des étrangers criminels en situation irrégulière
.Ils veulent s’appuyer sur un système de tentes, comme un campement de sans-abris, pour contenir le flux excessif de détenus. Cela ne fonctionnera pas, surtout en plein été, dans les Everglades. C'est en fait assez cruel et inhumain, et je pense que c'est la raison pour laquelle cela a été conçu
, a dit le porte-parole de la Florida Immigrant Coalition, Thomas Kennedy, à CNN.
L’initiative des États
Alcatraz des alligators
est née d’une étroite et rapide collaboration entre la Maison-Blanche et la Floride.largement
par un fonds d’environ 625 millions de dollars débloqué par l’administration Biden pour fournir de l’aide humanitaire aux migrants accueillis aux États-Unis.Auparavant, ce programme était utilisé pour héberger des étrangers criminels en situation irrégulière. Aujourd'hui, il est utilisé pour détenir des étrangers criminels en situation irrégulière en attendant leur expulsion
, a indiqué Kristi Noem dans une déclaration.
C’est une étape importante dans nos efforts pour aider l'administration Trump à remplir son mandat envers le peuple américain
, a pour sa part écrit M. DeSantis sur X. Il a aussi évoqué qu’une construction similaire pourrait se mettre en branle ailleurs en Floride tout de suite après les célébrations du 4 juillet.Je demanderais à tous les autres gouverneurs de faire exactement la même chose
, a déclaré Kristi Noem. Ils pourraient être entendus, bénéficier d'une procédure régulière, puis être immédiatement renvoyés par avion dans leur pays d'origine
, a-t-il expliqué.L'exemple de la Floride

Advertising by Adpathway









